"Aberea" : la richesse n'est pas seulement sonnante et trébuchante (Elgar N° 595 MAI/JUIN 2019)

En euskara, le mot "aberea" désigne l'animal et selon Jean-Baptiste Orpustan remonterait au XIè siècle.

Le mot "abelgorria" (de aberia, l'animal et gorria, rouge) désigne le bétail en général, peut être en référence aux vaches pyrénéennes dont la robe cuivrée peut prendre à l'occasion une vraie teinte rouge orangée. L'étable se dit "abeletxea" (de etxea, la maison) ou "abeltegia" (le lieu du bétail, avec le suffixe tegia, qu'on retrouve dans liburutegia (bibliothèque), okindegia (boulangerie), harategia (boucherie)...

Le mot "abelzaina", désigne le gardien du troupeau (de zaina, le gardien, qu'on retrouve aussi dans artzaina, le berger (de ardia, la brebis). "Abelazkuntza", c'est l'élevage, mot formé avec le suffixe - kuntza, qui désigne une action en général.

Dans un sens plus figuré, le mot "aberera" est aussi la racine du mot "aberats" (riche), aberastasuna (la richesse), "aberasgarria" (enrichissant) ou encore "aberasbidea" (moyen d'enrichissement, de "bidet", le chemin ou le moyen).

Un héritage de l'époque où le Pays Basque était très pastoral et tourné vers la nature et où la richesse se comptait surtout au nombre de têtes de bétail qui étaient possédées.

 

Jean-Baptiste Heguy