Une "tête" ou trois "têtes" (Elgar N° 592 NOVEMBRE/DECEMBRE 2018)

En basque, la tête se dit, au sens propre, "burua".

Au sens figuré, ce mot a plusieurs sens. Il est largement utilisé pour indiquer des sens réfléchis pour beaucoup d'actions. "Se suicider", peut ainsi se dire "bere burua hil" (tuer sa propre tête) ou de manière plus poétique "bere buruaz beste egin" (littéralement "faire de sa tête quelque chose d'autre").

"Burua" peut aussi servir un "sommet" ou une "extrémité".

Le "week-end" se dit ainsi en euskara "asteburua", littéralement "bout de la semaine" ou "extrémité de la semaine" (astea : la semaine).

Dans la province du Labourd, en Iparralde, la petite ville de Saint-Pierre d'Irube, à côté de Bayonne, se dit en euskara, 'Hiruburu", ce qui signifie "sommet de ville" ou "bout de la ville". Mais une autre origine est possible...

Vers l'an 1400, une bête monstrueuse, une hydre à trois têtes, était sortie subitement des flancs de la Rhune et s'était installée dans une caverne non loin de la fontaine de Lissague à Saint-Pierre d'Irube. Sept ans plus tard, deux jeunes filles de Villefranque ayant été emportées dans son antre par l'hydre, un jeune chevalier de 20 ans, du nom de Gaston-Armand de Belsunce, originaire de Macaye, décida de défier le dragon à trois têtes. le combat fût terrible. le jeune chevalier précipita l'hydre au fond de la Nive mais mourut lui aussi. la région où l'hydre faisait des ravages, prit le nom de "Hiruburu" ("trois têtes"), qui devint au fil du temps "Hiriburu".

 

Jean-Baptiste Heguy